8 Mars – Joutsa – Recherche

Finlande. 8 Mars. Neige partout. 50 centimètres. Calme absolue. Zéro dérangement. Si vous cherchez la paix, l’isolement le plus total c’est ici qu’il faut venir.

Maison enneigée

Une des « rues » principales de Joutsa

Mobil Raymond

Une station service où pas grand monde passe. Raymond attend.

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Depuis la fenêtre du salon. Pas sûr que quelqu’un vienne.

Horloge neige

Le temps s’est comme qui dirait arrêté…

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Les fameuses forêts de bouleaux.

 

Dieu que les femmes sont belles en Finlande. C’est quasiment un cauchemar. Passons.

Aino V3La Finlande et sa campagne cela correspond à une absence absolue de…distraction. L’austérité y est de mise. Mais les finlandais savent vivre à l’intérieur. Les maisons sont pour le moins cosys, les chats heureux et ronronnants, le café, les biscuits au gingembre abondants. Ah si…

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Purhonen

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On lui donnerait le bon dieu sans confession

Il y en a qui ont des distractions. Ce serait omettre que le finlandais aiment les sports mécaniques. Faire des tours de rue en moto ça y savent faire… Les finlandais (à ne pas confondre avec le finnois / la langue) sont, que dis-je, des fanatiques de motos et de voitures de sport (du reste nombreux sont leurs champions en formule 1 et en rallye pour ceux qu’ils ne le sauraient pas) d’ailleurs maintenant que j’y pense ça les rapproche encore un peu plus des japonais qui s’avèrent eux aussi être des fadas de la moto. Les similitudes entre le Japon et la Finlande sont nombreuses. Tout d’abord une timidité certaine, un respect de l’espace de l’autre, un certain goût pour les études, la solitude et l’alcool. L’initiative n’est pas leur fort. L’amour du karaoké. Un goût pour ce qui enfantin (d’où la présence des célèbres Moomins au Japon et assez peu ailleurs. Si vous ne savez pas qui ils sont c’est ici et un certain sens de l’écologie (bien que le Japon puisse clairement revoir sa copie sur le sujet). Non je ne fais pas une étude sociologique depuis que je suis parti mais force est de constater que si je me retrouve à aller dans ces deux pays ce n’est pas complètement un hasard. Le hasard n’existe pas. Je ne sais pas qui a inventé cette notion de hasard mais c’est une connerie.

Where to go

C’est par où la sortie ?

Revenons à l’écologie puisque de toute façon je suis en free forme ici et que je ne vais pas m’auto-censurer par manque de structure. Ils ont ici ce système (présent dans d’autres pays scandinaves) où l’on rapporte canettes et bouteilles usagées directement dans une machine de recyclage au supermarché et cela donne des bons d’achats. Pas négligeable. Et bien dommage qu’il n’y ait pas plus de pays qui s’y mettent. Cela existe depuis près de 20 ans dans la plupart des pays scandinaves. C’est une action simple et concrète. Je ne comprends pas bien pourquoi on ne s’y est pas encore mis en France. J’y pensais l’autre matin alors que je me « promenais » (c’est à dire que se « promener » dans ces paysages désolés et désolants n’est pas exactement ce que j’appelerais me promener sur le canal st martin) dans les rues grises blanches et noires de Joutsa. À la recherche d’une inspiration. Inspirer. Expirer. On y revient toujours. À ce putain de mouvement qui nous rend vivant.

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Attention embouteillages

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Joutsa c’est la forêt là.

Bon toutes considérations mises à part, qu’est ce que je fais, où est ce que je suis ? (une question que j’ai manifestement le luxe d’avoir à me poser tous les matins puisque je n’ai pas un 9 to 5 job et ne suis pas non dans un camp de réfugié au Rwanda – non j’aime mentioner ces poncifs parce qu’on a tendance à oublier que ça existe trop occupé par notre existence individualistico-capitalistico-centriste-nombrilise-qu’est ce que je fais de ma vie) Je suis à Haihatus, un ancien hôpital réhabilité en une espèce de centre artistique hybride avec beaucoup de terrain, 3 maisons, et un champ d’art contemporain / d’art visuel. Pour faire quoi ? Et bien toujours la même chose. Ce qui se résume à travailler la musique, les sons sur le kantélé, la mise en espace de mon concert, prendre des photos et des vidéos. C’est vague ? Oui complètement.

Pedals

Putain de pédales

Clock road

Et le métronome qu’a rendu l’âme…

C’est pas si fréquent de ne vraiment pas savoir ce qu’on est en train de faire. Je suis obligé parfois de revenir sur des choses aussi basiques que « ô mon dieu mais je suis en train de respirer ! » ou bien « qu’il est bon d’écouter ce disque » en fait d’avoir des moments d’ennuis. LE LUXE. L’ennui. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? L’adolescence ? Lorsque l’on était pas encore complètement rivé à des écrans. Tenu par Merjä et Raumo, un couple d’artistes, Haihatus possède une atmosphère assez rétro (même s’il y a donc le wifi) et le temps y est rythmé par les miaous et les ronronnements paisibles de Purhunen et Korhonen. Avec moi dans cette parenthèse, cette bulle qui me fait oublier que le métro parisien existe ou que des films américains se produisent à l’heure même où j’écris ce billet, Camilla, une artiste visuelle suédoise dont voici l’une des pièces que j’ai prise en photo :

Installation Camilla 2

Par Camilla Ödemark

Naama, une actrice et chanteuse américaine, Soyoun, une artiste visuelle coréenne très discrète et pawel, un cinéaste polonais qui habite à Copenhague et réalise des films d’animation. Un patchwork d’individualité. Ce qu’on a en commun ? Je ne sais pas. Sans doute un besoin de sortir du monde. J’ai le sentiment que tout le monde autour de moi est bien plus productif que moi mais je finis par m’en foutre. Je suis improductif ? Et bien je vais célébrer mon improductivité ? (Attendez… non je dis n’importe quoi je fais des photos et prépare un workshop en Yin Yoga à Paris et j’ai un cours de Yin Yoga à donner à Helsinki…) Merde. Non je suis pas improductif. Je ne me rends juste plus compte de ce que c’est que d’être productif et improductif. On avance toujours. Le temps ne recule jamais. Est ce que ça avance ? Non ducon ça recule. Desfois Jean Marie Bigard me vient en tête. Peut être qu’il faudrait que je m’en inquiète.

Imaginary door V1

Une photo dont je suis content. Oui ce sont mes fesses vus par un Nikon D3200 avec un retardateur f/5 – 10/s

Dans ce paysage fait de gris, de blanc et de rouge (produit par les maisons), il y a une maison noire du nom de Fantasia à Haihatus. Fraîchement rénové, cela va devenir, je pense, mon terrain de jeu. C’est grand. Il y a de quoi faire un peu de lumière. Les pièces sont curieuses. Parfait pour ma recherche de sons et de mouvements d’objets live. Bien qu’encore une fois je me demande parfois mais qui ça intéresse et pourquoi est ce que je fais ça ?

Fantasia

Fantasia

Je viens de récupérer mon kantélé à Lahti (cela sonne comme Tahiti ou Tahini mais la comparaison s’arrête là) et Hannu Koistinen a évoqué l’idée que je fasse partie d’un camp d’été pour kantélé tourné vers la pop music. Entre ça et la possibilité que je donne des cours de Yin Yoga sur une île au Mexique je suis bien barré. Pourquoi est ce que je ne m’en réjouis pas ? Pourquoi plus c’est n’importe quoi plus j’y vais moins j’y crois ? Qu’est ce qu’on fait là en fait ? Qu’est ce qu’on est venue foutre ? Et qui a donc bien pu avoir l’idée d’établir un pays comme la Finlande alors que c’est littéralement un terrain impraticable pendant 6 mois de l’année ? Je crois savoir que les bébés en Finlande sont conçus (cela me fait toujours rire ce verbe pour les bébés. Concevoir. Moi je pense à concevoir un plan de tournée ou un grille pain à tout casser) au mois de Novembre et Décembre vu qu’on peut pas faire grand chose d’autre à cette période que faire des bébés. Donc il y a cette maison noire et moi qui trouve parfois de l’excitation à faire des photos.

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L’excitation de la lumière

Dans cet apprentissage de la photographie je crois comprendre qu’il s’agit de répondre à la voix intérieure et à l’innée, à cette pulsion scopique qui me commande de faire quelque chose, de prendre une photo, de concevoir un cadre, sans se soucier d’une quelconque attente ou d’une quelconque norme sociale. Right up my alley ! So to speak… La même voix qui vous dit que c’est une connerie de faire tel ou tel truc, de revoir telle ou telle fille, de manger telle ou telle pain au chocolat alors qu’on est au régime.

Map 4

Une autre photo dont je suis content. Je ne sais jamais où aller. Là où je veux aller n’est probablement pas sur la carte.

Bon le temps se dispatche en séance photo, en sauna, en prise de cours en ligne sur Internet (mon amie Jo m’a fait découvrir ce site qui recèle de cours intéressants > alison.com.) C’est gratuit et de qualité. Je n’avais pas écrit de billets depuis quelques jours sans doute parce que la Finlande me rend neurasthénique et que je n’ai pas toujours des choses intéressantes à raconter. Je retourne faire le muet dans la neige alors que le soleil pointe le bout de son nez et fait fondre la neige (oui je sais sur le papier ça a l’air merveilleux comparé à je sais pas moi une vie de bureau mais c’est juste de la neige qui fond avec de l’herbe en dessous)

Caisse Finlandaise

La voiture que Raymond aimerait bien voler

A dog on the road

Raymond qui me demande où on va


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