Jeudi 12 Février – Itoshima – Silence/Presence

Extra dark temple

Dazaifu Temple (Le temple des renards)

Je ne cesse de penser à la question de l’identité. On ne naît pas égaux. On est pas libre. La psychologie et la physiologie des gens d’ici je ne pourrai jamais l’acquérir même si j’en avais envie. Je pense comme un européen formaté à l’europe à une éducation européenne avec des goûts européens, avec dégoût européen. Si les japonais mangent comme ils mangent c’est qu’on les a éduqué à manger de cette manière. Et pas une autre. Et pourquoi irait-on remettre en question ce que l’on nous a fait imiter si c’est tout ce que l’on voit autour de soi ? Le livre de Bruce Lipton « The Biology of Belief » démontre la manière dont les cellules de notre corps redéfinissent leur fonctionnement en fonction de l’environnement dans lequel elles évoluent. Elles n’ont pas en dépit de l’ADN de fonctionnement en cercle fermé qui consisterait uniquement à lire le code. Elles changent et ne se comportent ni n’évoluent de la même manière si on les met dans un milieu tempéré ou dans un milieu froid. La psychologie humaine c’est pareil ? Ou presque.

Fleur flou

Une des nombreuses portes du temple des renards

Comment s’adapter et adopter quelque chose que l’on ne comprend pas, ne saisit pas, qui nous est complètement étranger.

Plum en fleur 4

Attention ce ne sont pas des cerisiers en fleur (il est trop tôt) mais des abricotiers

Hello Kitty shop

Je comprends de plus en plus le délire Hello Kitty. Tout y y converge… (Aucune représentation humaine… Que des cartoons et des animés partout. Les bébés ici ressemblent à…des dessins animés)

Temple door 1

Un des nombreux Tori

L’éducation. C’est comme si je me réveillais et prenais conscience du sens que cela a. L’éducation. L’enjeu. D’apprendre. L’apprentissage. C’est si dur d’être coupé en deux. D’être coupé. De ne pouvoir s’exprimer. De ne pouvoir communiquer. De n’être qu’un réceptable à images, à mouvements et à sons mais de ne pas pouvoir interragir. Aujourd’hui j’ai passé la journée avec une jolie japonaise qui parlait anglais. Elle est prof de yoga. Et par son intermédiaire je vais donner un cours de yin yoga à un groupe d’expatrié qui s’est constitué sur meetup. Cela m’a fait du bien d’échanger avec elle. Sans nécessairement s’étendre mais il y a cette volonté d’être reconnu dans le langage, par le langage. Et toutes ces pensées dégueulasses que j’ai en permanence. Je me rappelle qu’un copain de lycée ironisait sur le fait que les hommes pensaient plus de 75% du temps au sexe. Je commence à croire qu’il ne diserait pas d’ânerie. J’ai 33 ans. Et tant que je souhaite expérimenter et découvrir. La pratique du yoga m’a remis dans mon corps et cela fait du bien d’être reconnecté. De ne plus être que dans la tête. Je l’ai toujours dit et le maintiens : la France souffre d’ethno-centrisme. La France se regarde le nombril. Se félicite de son passé glorieux. Se critique de son futur dont on ne voit pas la queue.

Buffle 2

Meuh

Et mes amis qui se désespèrent. Mais on a le choix. On a toujours le choix. On co-crée tout ce que l’on vit. Et on a prise sur bien des choses de nos vies et de celles des autres. On en revient toujours à cette question d’être responsable de ses émotions, responsable de ses pensées. L’être humain est tellement plus puissant qu’il ne se le laisse à penser. Il suffit de voir la cathédrale de Chartres. Combien a-t-il fallu d’hommes, ensemble, pour construire un tel édifice ? On en a fait des chefs d’œuvres. Pourquoi se leurrer dans cette construction sociale qui n’en finit pas n’en finit plus de déplaire. Un bon ami me faisait part de sa déception envers le monde tel qu’il est. Mais nous sommes le monde. Chacun de nous. Alors il faut commencer par ne pas se décevoir et incarner le changement que l’on souhaite voir. Toujours et encore. Cela commence par soi. Pas forcément seul et solitaire dans une solitude de littérature. Soi avec et pour les autres.

Moine 2

Temple bouddhique près Dazaifu

Pour la nature aussi. La végétation ici est belle. Plutôt respectée de ce que j’en vois. Moins de disharmonie. Pas pour autant d’harmonie. Pourquoi est-ce que la vision du réel est si souvent déceptive alors qu’elle ne cesse de contenir de promesses. Les promesses. N’est-ce donc pas ce qui nous fait nous lever ? Nous élever ? En vieillissant on se bonifie non ? On apprend ? On s’apprend. On se prend comme on naît. Comme on est. Comme on a. Froid. Parfois. L’envie de se blottir contre quelqu’un d’autre. L’autre. Ne pas se porter responsable. Ne pas être coupable. Tout commence par ce que l’on introduit dans son corps. De comment l’on dort. Comment l’on parle de soi et des autres. Il est dur d’ignorer qu’on se répète. Mais pour quel résultat et quel propos ? Se renouveller. Autant que possible reconnaître qu’aujourd’hui est différent d’hier. Et d’avant hier. Et qu’on a pas vocation à tout garder, tout préserver, toujours se souvenir. Des meurtres du passé comme ceux de l’avenir que l’on projette. Que l’on jette. Que l’on nous jette. Toute cette projection permanente de choses qui n’existent pas dans le présent. Cette projection, cette peur de ce que l’on va devenir, d’où l’on va vivre, de ce que l’on va faire. Qui n’y est pas confrontré ? Mais pour quelle utilité ? Quel est le propos ? Qu’est ce que cela va bien pouvoir changer à ma condition ? Ma vie ? La vie et moi ne sommes pas deux choses différentes.

Entrée soleil

Un temple un autre

La vie me traverse. Je ne digère pas. La digestion passe à travers moi. Je ne pense pas. J’observe mes pensées. Et ou les écrit pour le coût. Le coup. Bas. Je n’ai pas grand chose à raconter d’ici. J’ai pris le train. J’ai respiré. J’ai pédalé. J’ai mangé. J’ai bu. J’ai observé. J’ai marché. J’ai contemplé. Toutes ces actions auxquelles je ne porte plus vraiment attention alors qu’elles sont tout. J’aime toujours ce moment en Yin Yoga lorsque l’on porte son attention en silence sur l’air qui rentre dans chacune de nos narines. L’une après l’autre. Cette connexion immédiate à soi juste par la simple action de reconnaître que l’on est vivant. Que cette pulsation inspiration expiration est la base de tout. Et de tous. Que l’on s’appelle Philippe, Kris, Laurent, Raymond ou que l’on soit un tueur, un menteur, un lover, un designer. On respire. On est vivant. On est fait de cette matière qui nous maintient en vie. Nous tient en vie. Nous tient debout. Tenir debout. Fier. Droit. Penser à sa colonne vertébrale. Et moi d’essayer de mieux penser à ce que je mets dans mon estomac. Philippe

Stones

Stone stone stone


Post Your Thoughts