Ne critique pas ton art au point de vouloir en vivre

Après la fin des aventures General Bye Bye, Feather Feather et Château Nowhere, je reviens, vais revenir simplement en mon nom propre Philippe Beer-Gabel avec pour projet de délivrer une musique belle, profonde, spirituelle, qui fait du bien, qui s’affranchit des codes et des genres. Prendre l’espace. Mon espace. Suspendre le temps. Ce temps là. Une émotion vraie. Sur le moment. Avec les imperfections qui vont avec. De la voix. Ma voix. L’extension de moi même. Ma voie. Du kantélé, cet instrument magique et envoûtant que je ne cesse d’explorer. De l’électronique pour les textures et parce que j’ai toujours cherché à rajouter ce petit quelque chose d’énigmatique provenant des machines. Des bols tibétains pour l’expérience sensorielle et pour se connecter à soi-même. C’est un long chemin. Un beau chemin. Ayant reçu une bourse Adami, j’entame un travail de fond. Une lame de fond. Donner à ma musique une nouvelle place. Celle d’un amour où l’on ne pousse plus.

Le père d’une amie m’a dit un jour « Aimer c’est foutre la paix à l’autre ». C’est en quelque sorte ce que je vais m’efforcer d’appliquer. Certains tiennent des journaux intimes (ce qui est mon cas) d’autres des journaux sonores (je vais m’y essayer tant que faire ce peut), des blogs, des pages FB dont tout le monde se fout (alors poumoi sauf celle de Bill Van Cutten qui me détend toujours) à mon rythme sans chercher à séduire, sans chercher à vendre, sans chercher à pousser, sans mettre une pression sur un domaine qui est sensé m’apporter de la joie et de la lumière. Je suis un homme amoureux des sons, des rencontres des sons, de mes vibrations, de nos vibrations à tous. J’ai trop poussé, j’ai trop voulu, j’ai trop mal entendu, j’ai trop fait, trop défait, trop lutté. L’industrie musicale est ce qu’elle est. Égotique et absorbée par elle même. Quand les portes ne s’ouvrent pas cela ne sert à rien de cogner. Rien à dire, il y a de bien belles personnes. Parfois engluées comme des mouches. Parfois libres comme l’air.

Je souhaite faire jouer à ma musique un rôle nouveau. Mon récent apprentissage du Reiki m’a touché. Pouvoir toucher l’autre en lui-même. Et l’art, la musique d’y aider. La musique d’être ce médium auquel on peut tous, sans langage commun, se retrouver, se trouver, s’entendre dans tous les sens du terme. Retrouver une pulsation. Une vulnérabilité dont on n’a pas peur mais que l’on peut partager avec les autres. Ce cri que l’on pousse quand on est, quand on naît. Cette voix qui nous fait des gargouillis quand on est amoureux. Ces voies multiples que tous les jours on peut emprunter, dans lesquelles se perdre ou pas. Rester immobile. Se laisser chanter et non faire chanter.

Comme le dit si justement mon ami Kris Maccotta dont je ne saurais que trop recommander le travail photographique « Ne critique pas ton art au point de vouloir en vivre ». Je pense que beaucoup se reconnaîtront. Pousser n’a jamais été la solution. Les choses viennent à nous aussi et il s’agit de faire confiance à l’univers. Merci à tous ceux qui me font être là où je suis aujourd’hui et qui m’amènent à cette transformation.


Categories: Text & Lyrics

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